Histoires d’enfants…

Histoires d’enfants…

baobabsSouvent, nous abordons en formation, la thématique de l’enfant, que ce soit comment dois-je me positionner en tant que parent ou encore comment aurais-je pu être reconnu par mes parents quand j’étais petit ? Dans un cas il m’est possible d’évoluer, dans le second je ne suis pas responsable de la façon dont se comportaient mes parents, cependant cela a laissé “une trace” dans mon mode de fonctionnement.

Hier, j’ai eu la chance (ironie quand tu nous tiens…) de rester de longues minutes dans un autobus, et d’observer une maman et son enfant qui étaient assis en face de moi. Son petit garçon, heureux de passer ce moment avec sa mère, parle, rit, bouge, fait tout ce qui est en son pouvoir pour attirer son attention. Sa mère a l’air excédée par le comportement de son fils qui s’agite bruyamment dans tous les sens, elle ne le regarde pas et ne cesse de lui répéter qu’il dérange tout le monde.

L’enfant me jette un coup d’œil rapide, je lui souris avec un air complice et il se remet à gesticuler joyeusement. Sa mère me toise… Au bout de quelques secondes elle me dit : “Je suis désolée, il est insupportable, il ne m’écoute jamais.”

Et là je me mords la langue pour ne pas lui répondre qu’elle non plus ne l’écoute pas beaucoup, et que s’il fait tout ça c’est pour lui montrer qu’il est enchanté d’être à ses côtés. Je ne dis rien parce que je sais combien c’est facile d’être spectateur d’une telle scène, et d’avoir de la bienveillance pour ce bout de chou et combien c’est compliqué d’être à la place de cette maman, assise dans un bus, avec sa progéniture hurlante et les regards réprobateurs des autres usagers.

Les faits sont là : il y a 2 mondes qui ne se rencontrent pas, celui de l’enfant et celui de la mère, parce que j’imagine que pour la maman le contexte n’est pas propice à cet échange d’amour, ou parce qu’elle est préoccupée par quelque chose, ou pour je ne sais quelle autre raison d’ailleurs.

Je lui réponds que moi aussi j’ai quelque spécimen de la sorte à la maison, ou plus exactement à la crèche et que je connais ça… Elle se détend, je regarde son fils, il tient un “bonhomme vert” (et non ce n’est pas hulk, j’ai posé la question), et je lui lance : “Whaouuuuh, il est super ce bonhomme…” “C’est pas un bonhomme c’est chtructrucbidul (pas compris…), il est top, il fait ça, et ça et ça”. Et là j’ai droit à une démonstration des pouvoirs de son jouet, à des explications sur l’histoire dans laquelle il est, bref nous nous mettons à deviser gaiment. Je lui explique que j’ai quelques connaissances en Pyjamasques, Sam Sam et même Cars, il me rétorque que c’est mieux chtructrucbidul (toujours pas compris…), pour plein de raisons…

La maman nous observe et, ses traits se sont décrispés, le bus s’arrête, elle se lève brusquement, lui tire la manche : “Allez dépêche-toi mon cœur”, et les voilà repartis. J’aurai voulu dire à cette maman de respirer, de regarder son fils et de savourer ce bonheur  d’être avec lui, parce que l’essentiel est là et l’emprise des broutilles de notre quotidien nous le fait oublier. Nos injonctions parentales créent des croyances, énoncent des vérités qui n’en sont pas chez nos petits et parasitent leur vie d’adulte.

Qu’aimerions-nous qui reste à nos enfants des instants partagés ? Je me suis promise d’y penser la prochaine fois que ma petite princesse me fera une crise parce que j’ai refusé de la laisser sortir en pyjama, ou avec son costume de fée des neiges, et qu’elle se roule par terre sous l’air circonspect des passants pressés.

Anecdote

Leave a Comment