Cultivateurs de liens…

Pour nous l’écologie, le respect de notre environnement,  la prise en compte de la diversité et de la fragilité de nos eco-systèmes sont de réelles sources d’intérêts. Nous jardinons, cultivons, entretenons un petit bout de jardin, de terrasse, peu importe l’espace, pourvu qu’il y ait de la vie !

Un exemple ?  Chaque année nous semons et plantons des pieds de tomates. En mars 2020, lors du début de la pandémie, nous avons eu davantage de temps pour choyer nos jeunes progénitures, qui lorsque nous les avons mises en terre n’avaient jamais été d’une si belle qualité. Ayant plus de moments à jardiner, confiner au milieu d’un potager, nous avons pris le temps de pailler le sol (en recyclant des sac de café), d’intégrer des oeillets d’Indes utiles contre les ravageurs, d’entretenir, de couper les gourmands, d’arroser quand il le fallait.

Toutes les conditions étaient là. Nous ne pouvions que nous attendre à une récolte merveilleuse. Le déconfinement a sonné, nous nous sommes davantage absenté et la moitié de notre plantation a attrapé le Mildiou (un champignon). Notre ami agriculteur a été clair : « Arrachez tout ! Y a rien à faire, et plus qu’à replanter… » Les sites de jardinages conseillaient de tout enlever, ou le purin de prêles, voire la bouille bordelaise (mais pas trop nous faisons dans le bio…) Tant d’heures de travail allaient être réduites à néant. Toutes les conditions étaient réunies pour que ça fonctionne et pourtant, il est arrivé un champignon qui a tout changé. Et c’est souvent ce qui se passe dans les Structures pour lesquelles nous intervenons. Toutes les conditions étaient réunies pour que ça marche et pourtant ça n’est pas le cas.

Nous somme dans l’ère VUCA, qui exprime la

  • la Volatilité de notre Société et la vitesse du changement qui y est associée,
  • Uncertainty, soit l’incertitude face à l’avenir,
  • la Complexité de notre monde avec une masse d’informations que nous devons traiter
  • l’Ambiguïté face à des situations nouvelles pour lesquelles nous n’avons pas forcément de repères.

Et nous devons faire avec. Alors ça nous demande de nous ré-inventer, d’être curieux, d’expérimenter, de fédérer autour de nouvelles pratiques, de garder le cap en restant positif, tout en mettant l’intelligence du collectif en avant, en faisant preuve d’audace et d’humilité… Et là ça marche ! Avoir confiance en l’Humain, pour qu’il se ré-invente, penser qu’il est plus utile d’être respectueux de ses aspirations, de ses forces et de son imagination.

Et pour les tomates ? Nous avons beaucoup observé et n’avons rien arraché, ni traité, nous avons « simplement » coupé les parties malades (quand c’était possible) et cru en la capacité de régénération de la plante. La plupart sont reparties du pied, certaines ont été décimées, d’autres ont repoussé aux endroits sectionnés. Il n’y a eu que peu de pertes, beaucoup d’émotions et une belle leçon de résilience que ce soit pour les plans malades que pour les agriculteurs en herbe.